
En tant que consultant aide au choix ERP, vous devez à la fois tempérer les exigences de votre client, l’aider à prendre les bonnes décisions et vous efforcer de trouver chaussure à son pied parmi les solutions disponibles sur le marché. Votre rôle ne se limite pas à une expertise technique : votre client attend aussi de vous une vision globale, de la disponibilité, des prises de position claires et un accompagnement dans la durée. Voici 8 erreurs à éviter pour remplir cette mission avec succès !
Erreur n° 1 : Écouter uniquement la direction
L’état des lieux préliminaire est une phase essentielle de votre mission d’aide au choix. C’est là que vous observez l’entreprise, scrutez ses processus, évaluez ses besoins – autant de données qui vous mettront sur la voie de l’ERP le mieux adapté. C’est une opportunité en or de bâtir une vue à 360° de votre client.
Alors ne laissez pas la direction occulter votre vision des choses ! Son point de vue est déterminant et son pouvoir de décision immense, puisque c’est elle qui vous a missionné et qui signera le chèque. Mais son regard ne peut pas englober l’ensemble des besoins. Descendez donc voir ce qu’il se passe du côté des opérationnels et des utilisateurs. Sondez les pratiques sur le terrain. Observez les souffrances et les frustrations. Ce sont les collaborateurs qui seront concernés au premier chef par l’outil !
C’est aussi là que votre expérience prend tout son sens. Si vous accompagnez un bureau d’études, une société de services ou une entreprise organisée par projets, le fait d’avoir déjà conseillé des clients aux enjeux similaires renforce votre crédibilité. Vous êtes attendu pour votre capacité à prendre du recul, à comparer les pratiques et à formuler des recommandations adaptées au métier de votre client.
Erreur n° 2 : Rester arc-bouté sur les processus existants
Votre client peut se montrer buté quant aux processus internes à respecter. Il veut que la solution s’adapte à lui plutôt que l’inverse. Mais ce n’est pas forcément parole d’Évangile : à vous de cartographier ces processus et d’identifier les points qu’un ERP performant pourrait améliorer en termes d’organisation interne.
Votre mission ne consiste donc pas seulement à trouver un logiciel qui reproduira l’existant. Un projet ERP est aussi l’occasion de questionner les habitudes, de repérer les lourdeurs, de pointer les doublons et de proposer une organisation plus fluide. L’ERP n’est pas uniquement un outil informatique : il peut révéler des besoins de transformation plus profonds.
Votre client attend ici une vraie prise de position. Vous n’êtes pas là pour valider toutes ses demandes, mais pour l’aider à distinguer ce qui relève d’un besoin métier réel, d’une habitude historique ou d’une préférence individuelle. Même si certaines recommandations vont à l’encontre de ce qu’il pensait vouloir au départ, elles auront d’autant plus de valeur qu’elles seront argumentées et fondées sur une analyse précise.
Erreur n° 3 : Perdre beaucoup de temps sur le cahier des charges
Le cahier des charges ERP est un document très précis, faisant état des besoins de l’entreprise en les hiérarchisant : les must-have d’un côté, les nice-to-have de l’autre. Mais ce n’est pas une liste adressée au Père Noël ! Inutile d’en faire un carnet de doléances de 300 pages, ou d’y démontrer toute l’étendue de l’expertise de votre client. Si le sur-mesure n’est pas une option, il faudra bien choisir un logiciel existant et composer avec ses fonctionnalités !
Cela ne veut pas dire que le cahier des charges doit être traité à la légère. Au contraire : il est crucial pour cadrer la mission, rassurer le client et poser les bases d’une comparaison objective entre les solutions. Mais il doit rester lisible, exploitable et orienté décision. Votre valeur ajoutée consiste justement à faire le tri, à pointer les trous dans la raquette et à éviter que le document ne devienne un empilement de demandes contradictoires.
Montrez-vous disponible pendant cette étape. Votre client fait appel à vous parce qu’il manque parfois de temps, de méthode ou de compétences internes pour structurer seul ce travail. Répondre à ses questions, reformuler ses attentes et l’aider à hiérarchiser ses priorités fait pleinement partie de votre rôle.
Erreur n° 4 : Dresser une liste à rallonge d’éditeurs
Au moment de dresser une liste d’éditeurs d’ERP pour votre client, faites sobre : dix prestataires en vue, c’est déjà énorme ! Au-delà, vous ratissez trop large – peut-être faute d’avoir une idée précise de ce que vous cherchez ? N’hésitez pas à interroger Google par des requêtes précises, à glaner des informations auprès des comparateurs de logiciels, à lire des avis d’utilisateurs, et à benchmarker pour lorgner du côté des concurrents.
Votre crédibilité repose aussi sur votre capacité à proposer une shortlist d’éditeurs cohérente, construite à partir d’une bonne connaissance des besoins métier, du marché et des contraintes de votre client. Une liste trop large brouille la décision, consomme du temps et donne parfois le sentiment que la mission manque de direction.
Mieux vaut donc formuler des recommandations assumées, avec des arguments clairs : pourquoi tel éditeur mérite d’être consulté ? Pourquoi tel autre doit être écarté ? Quels critères justifient cette sélection ? Votre client attend de vous des avis francs, pas une simple compilation de solutions.
À lire : 9 étapes à suivre pour faire le bon choix d'ERP [Infographie].
Erreur n° 5 : Tourner le dos aux ERP verticaux
La tendance est à la verticalisation des logiciels de gestion, qui se spécialisent de plus en plus. Il existe sans doute un ERP spécifiquement dédié au métier de votre client ! Au lieu de regarder d’emblée du côté des généralistes, au seul prétexte qu’ils sont plus répandus ou mieux connus, jetez un œil à ce que proposent les solutions verticales d’éditeurs spécialisés. Ne risquez pas de passer à côté d’un ERP spécialisé, dédié au métier de votre client !
Un ERP vertical peut permettre de répondre plus finement aux enjeux sectoriels : processus métier, vocabulaire, indicateurs, contraintes opérationnelles, modes de facturation, suivi d’activité ou besoins de pilotage. En tant que consultant, votre connaissance du secteur et de ses bonnes pratiques est précieuse pour identifier les solutions réellement adaptées, et non simplement les plus visibles.
Erreur n° 6 : Tomber dans le piège du développement spécifique
Avant de demander aux éditeurs short-listés de chiffrer des développements spécifiques, assurez-vous que les fonctionnalités demandées par votre client sont absolument incontournables pour piloter son activité. Car forcer un logiciel à se plier à des besoins qu’il n’embarque pas nativement pourrait se solder par une expérience utilisateur dégradée et un client mécontent ! L’option du développement spécifique n’est donc à considérer qu’en dernier recours.
Là encore, votre rôle est de faire preuve de discernement. Certaines demandes traduisent de vrais besoins stratégiques. D’autres relèvent davantage d’un attachement à des habitudes existantes. En vous appuyant sur votre expérience, vous pouvez aider le client à distinguer ce qui doit être conservé, ce qui peut évoluer et ce qui mérite d’être challengé.
Erreur n° 7 : Survoler la phase de démonstration
L'étape de la démonstration, ou PoC, est indispensable : elle permet à votre client de voir ce qui existe sur le marché et de prendre conscience de ce qu’il est possible de faire... ou pas. Au besoin, de se faire dire par l’éditeur en personne que telle ou telle exigence est illusoire. Cela mettra votre client sur la voie du pragmatisme, tout en laissant la porte ouverte aux bonnes surprises. Une recommandation, toutefois : limitez votre shortlist à trois éditeurs ERP maximum et prenez le temps de bien creuser ce que chacun propose.
Cette phase doit être préparée avec méthode. Définissez des scénarios de démonstration concrets, issus des processus réels de l’entreprise, afin d’évaluer les solutions sur des cas d’usage comparables. La démonstration ne doit pas être une simple présentation commerciale : elle doit aider votre client à se projeter, à vérifier la pertinence fonctionnelle et à mesurer l’adéquation entre l’outil et son futur mode d’organisation.
Erreur n° 8 : Disparaître dans la nature une fois l’ERP choisi
Votre mission terminée, n’abandonnez pas votre client pour autant. L’aide au choix ERP, c’est aussi un accompagnement dans la durée. L’entreprise a encore besoin de votre expertise et de votre savoir-faire : en lui montrant la continuité du processus, de la sélection d’un ERP à son déploiement, vous lui indiquez la bonne route à suivre et garantissez la réussite de son projet !
Votre client attend aussi de vous une participation active à la conduite du changement. Il ne s’agit pas seulement d’accompagner les utilisateurs finaux ou d’assurer la bonne prise en main de l’outil. Il s’agit de l’aider à adopter un nouveau mode d’organisation, à faire évoluer ses processus et à sécuriser les décisions stratégiques prises autour du projet ERP.
Un changement d’ERP implique beaucoup plus que la simple installation d’un logiciel. C’est un virage organisationnel majeur, dont vous êtes l’un des garants. Votre rôle est donc d’imposer, avec tact, la bonne direction : celle qui permettra à votre client de réussir la transition et de tirer pleinement parti de son nouvel outil.
À lire aussi : Comment bien cadrer la relation entre client et éditeur ERP ?
Pour mener à bien votre mission d’aide au choix, la clé du succès réside dans un mélange d’ouverture d’esprit, de rigueur et d’engagement. Soyez réceptif aux solutions existantes et aux propositions des acteurs du marché, tout en faisant bien la part des choses parmi les souhaits de votre client. Derrière ses attentes les plus évidentes — expérience, disponibilité, expertise — il recherche aussi un consultant capable de lui dire quand il fait fausse route, de défendre des convictions et d’accompagner le projet au-delà du choix de l’outil. C’est à cette condition que vous ferez la preuve de votre expertise et de votre valeur ajoutée !

